Jirau : Engie inaugure son très contesté barrage amazonien

Engie a annoncé la mise en service définitive du grand barrage de Jirau, au Sud-ouest de l’Amazonie brésilienne à proximité de la Bolivie. La construction de cet ouvrage démesuré aura été marquée par des problèmes et des controverses sans fin, avec lesquels la firme française n’en a sans doute pas fini. Sur place, les opposants au barrage dénoncent les violences et les menaces dont ils continuent à faire l’objet. Dans le même temps, Engie – tout comme Total – affiche son intérêt à racheter des actifs de Petrobras, l’entreprise pétrolière nationale en pleine crise.

L’entreprise française Engie a officiellement inauguré la semaine dernière le mégabarrage de Jirau, sur le rio Madeira dans la région amazonienne du Brésil, après la mise en service de la dernière de ses cinquante turbines. Cette centrale hydroélectrique, dont la construction avait commencé il y a huit ans, a été marquée par de multiples problèmes et controverses, touchant aussi bien à ses impacts sur l’environnement (déforestation, déclin des populations de poisson traditionnellement pêchées par les riverains) et pour les tribus indigènes de la région qu’aux conditions de travail sur le chantier. Jirau a en effet connu deux émeutes ouvrières de grande ampleur, et des sous-traitants d’Engie ont été condamnés par la justice brésilienne pour travail forcé. Le processus d’autorisation du barrage avait été marqué par de nombreuses irrégularités et manœuvres politiques.

L’Observatoire des multinationales avait consacré une grande enquête en cinq volets à ce barrage et aux problèmes qu’il soulève. Nous sommes ensuite revenus à plusieurs reprises sur ce dossier, notamment lorsque Engie a émis une « obligation verte » pour boucler son financement et lors des inondations dramatiques qui ont frappé la région au début de l’année 2014.

Irresponsabilité

Les problèmes ne sont pas pour autant réglés pour Engie. L’entreprise française encourt une amende de 2 milliards de réais brésiliens (environ 600 millions d’euros) de la part de l’autorité de régulation du secteur de l’électricité pour le retard du chantier. Le représentant d’Engie au Brésil a expliqué à Reuters que l’entreprise ne se considérait pas comme responsable des problèmes de sûreté sur son propre chantier ni de la révolte de ses propres ouvriers…

suite

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s